 Je suis en train de découvrir le détail d'une situation financière incroyable.
Vous croyez que la monnaie est créée par l'État ? Vous vous trompez : ce sont les banques privées qui créent la monnaie, et qui en perçoivent le prix (l'intérêt).
Si c'était l'État qui créait la monnaie, il pourrait l'investir directement lui-même (sans devoir payer le moindre intérêt jusqu'au remboursement) ; il pourrait aussi prêter cette monnaie nouvelle aux banques (charge à elles de la prêter à leur tour) et en percevait le premier intérêt (des milliards d'euros), ce qui pourrait aussi financer les services publics, au lieu de garnir des poches de soie au prix d'un déficit paralysant pour l'État.
L'État (c'est-à-dire nous tous) a perdu le droit de battre monnaie et ce sont des banques privées à qui nos soi-disant "représentants" ont abandonné ce pouvoir décisif.
Vous pensez que la monnaie est un outil qui sert l'intérêt général ? Vous vous trompez : la monnaie est devenu (discrètement) un outil qui sert d'abord des intérêts privés.
Ceux qui vous maltraitent cette fois, en faisant comme si vous étiez à la fois utopique et irresponsable à tant apprécier la dépense publique sans vous soucier des financements, ceux-là se trompent : nous n'aurions aucune peine à financer TOUS les investissements utiles à notre collectivité si nous avions le contrôle de notre monnaie, au lieu de l'avoir — c'est proprement incroyable — abandonné aux banques privées.
Ceux qui vous vilipendent font comme si la monnaie, aujourd'hui rare, était forcément rare, ce qui n'est pas le cas. Ils vous enferment ainsi dans une économie de rareté. Mais cette rareté est artificielle, elle est voulue, elle est fabriquée, et elle est la source de la richesse immense de certains acteurs qui savent rester discrets.
Bien sûr, si la monnaie est rare, elle est chère et son prix s'ajoute aux prix de toutes choses ; les échanges sont pénalisés par le coût des crédits. Mais la monnaie pourrait être abondante, ou plus exactement suffisante. Pour cela, il faudrait que l'État (c'est-à-dire nous) ait le contrôle de sa création.
Or il se trouve — vous n'allez pas me croire — que les États ont abandonné la création monétaire aux banquiers privés. Les États (c'est-à-dire nous) ne peuvent plus créer la monnaie dont ils ont besoin pour fluidifier l'économie. Quand l'État (c'est-à-dire nous) a besoin d'argent (pour construire des hôpitaux ou des crèches), il doit aujourd'hui emprunter cet argent aux acteurs privés et leur payer un intérêt, au lieu de créer lui-même l'argent dont il a besoin. C'est idiot. Non, c'est criminel. En tout cas, ce n'est pas une fatalité : c'est un choix politique et un choix qui n'a rien à voir avec l'intérêt général.
Quand une banque vous prête 100 000 €, elle ne les a pas. Elle les crée (par une simple écriture) pour vous les prêter, et elle les détruira quand vous lui rendrez. Mais au passage, elle aura perçu un intérêt (considérable) qui ne correspond à aucun service, aucune privation de sa part : l'intérêt que perçoivent les banques privées sur la monnaie créée ex nihilo (à partir de rien) est foncièrement injuste, une sorte de paiement de l'indu, un racket gigantesque de toute l'économie par des acteurs privilégiés.
Quelle est la raison de ce sabordage monétaire qui asphyxie notre économie ? Une volonté politique. Un phénomène réversible, donc. Il ne tient qu'à nous de récupérer notre souveraineté monétaire.
Tous les citoyens devraient prendre quelques heures pour étudier l'histoire du racket financier imposé par les banques (en France, en Europe, aux États-Unis) : ils comprendraient les solutions qui s'imposent, à la fois simples et fortes ; la création monétaire doit impérativement et exclusivement relever de la puissance publique.
Ne croyez pas les épouvantails et autres chiffons rouges qu'on va agiter devant vos yeux pour vous persuader que l'État créateur de monnaie est forcément imbécile : de bons contrôles sont évidemment imaginables pour que la création publique de monnaie soit raisonnable. Ce qu'on appelle la « planche à billet » n'est pas forcément une catastrophe, bien au contraire, c'est le sens de mon message : c'est l'abus de la planche à billets qui est une catastrophe, OK ; mais son utilisation raisonnable est non seulement utile, mais indispensable pour un bon fonctionnement de l'économie. Ceux qui prétendent le contraire ont souvent une idée derrière la tête et pas seulement l'intérêt général en ligne de mire.
D'ailleurs, la masse monétaire augmente d'environ 10% tous les ans sans déclencher d'inflation, ce qui est bien la preuve que ce spectre de la planche à billets n'est qu'un épouvantail (bien commode pour nous conduire à accepter que l'État soit dépouillé de ce droit essentiel).
Par contre, les banques privées devenues créatrices (et vendeuses) de notre monnaie (ces banques à qui on a abandonné la « planche à billets », précisément) sont, effectivement, de véritables parasites, à très grande échelle. Rien n'impose, économiquement, que ce soit des acteurs privés qui maîtrisent la planche à billets, au contraire.
Nous sommes fous d'accepter de perdre ce levier vital des politiques publiques, aussi bien en France qu'en Europe.
Les soi-disant "libéraux" font tout pour ruiner les États, ce qui offrira plusieurs avantages aux acteurs privés déjà très riches : une fois ruiné, l'État ne pourra plus assumer que les fonctions sécuritaires (armée, police, justice), bien utiles aux très riches (ces fonctions étatiques là, ils y tiennent, curieusement). Une fois ruiné, l'État vendra les services publics aux copains privés des prétendus « hommes d'État » complaisants. Je vous laisse imaginer les yeux cupides avec lesquels les compagnies d'assurance lorgnent le marché du financement de la santé publique, pour s'en tenir à votre exemple. Les "libéraux" vont leur vendre tous nos plus précieux services publics.
Et l'Union européenne, l'OMC, le FMI sont leurs principaux outils de désarmement politique des populations, d'affaiblissement des États, de renoncement au peu de démocratie que ces populations avaient pourtant chèrement payée. |